La communication se mêle de tout!

Bonjour,

de retour sur la ligne, non pas que l’auteur de ces lignes ait pris beaucoup de vacances mais plutôt parce que pas le temps… et pas le courage.

Cet été a été riche en situations qui mériteraient un petit décorticom.

On pourrait parler de la guerre, en Afghanistan et en Libye, pour lesquelles la discrétion des armées fait réagir certains journalistes. Il est difficile en effet de leur expliquer pourquoi les armées n’ont pas voulu que des militaires participent aux commentaires de l’hommage aux morts le 19 juillet, pourquoi on parle peu des hélicos au large de la Libye et de leur engagement original du point de vue tactique. La discrétion est une posture. Peut-elle durer longtemps? Un des problèmes qui se pose après la phase de discrétion, c’est comment ouvrir les vannes de l’information. Qu’elle crédit accorder à celui qui vous dit: « il n’y a rien à voir » puis qui ensuite vient vous tirer par la manche pour vous dire regardez comment on travaille bien. D’où l’importance de l’idée de cohérence et de continuité dans les actions de communication et donc de l’idée de stratégie. Ce n’est pas facile du tout à résoudre et je ne jette pas la pierre à mes camarades.

On pourrait aussi parler, pour suivre le côté guerrier, du discours du président de la République devant nos ambassadeurs… Je vous confie pour cela à OK sur son blog EGEA.  Cela me fait penser à une de mes réflexions sur le plateau de LCI le 19 juillet, hors antenne, réflexion qui a surpris mes interlocuteurs: « Sous la pluie, le président Sarkozy passe enfin en revue correctement les troupes et il ne commence pas par tourner la tête vers la foule lorsque les drapeaux s’inclinent devant lui« .  D’où la réflexion: s’il n’y a pas continuité dans la posture, l’action peut-elle être crédible?

Cette question d’adéquation de la posture, du discours et des actes, est peut-être une des clés de la crise monétaire et plus largement économique. La crédibilité du discours génère la confiance et celle-ci la volonté d’entreprendre et l’activité économique. D’où la question: quelles les actions de cohérence continues , les Exécutifs européens doivent-ils mener ? Il s’agit donc de la création d’une adéquation entre l’action et la perception. Nous sommes bien dans le domaine de la communication, tout comme lorsqu’on parle des annonces autour du plan de rigueur budgétaire et les tergiversations sur son contenu.

Pour quitter le domaine politique, on pourrait citer cet été la crise de la bactérie tueuse et résistante aux antibiotiques à l’hôpital de Massy. Bel exemple d’emballement, de course au scoop. Les morts évoqués, paix à leurs âmes, ne sont pas des victimes de la bactérie… Il existe des bactéries résistantes aux antibiotiques. Voilà un scoop! Donc une fois de plus se pose la question: faut-il faire confiance aux journalistes, à leur méthodes de travail? Mais aussi comment le lecteur, spectateur auditeur doit-il apprendre à traiter lui-même l’information? Dès lors comment suivre le train train quotidien de l’affaire DSK et du feuilleton « les biffetons dans l’enveloppe »? Peut-on jeter l’eau du bain et le bébé? les journalistes et notre besoin d’informations?

Voilà quelques questions qui me viennent à l’esprit en revenant sur l’actualité de cet été. Cela me rappelle les cours dispensés par Rémy Rieffel à l’Institut français de presse lorsqu’il évoquait la notion de « gate keeper »: chacun possède pour chaque sujet un interlocuteur de confiance qu’il juge crédible jusqu’à un certain point et qui lui permet d’analyser une situation et éventuellement de prendre des décisions.Cela me rappelle qu’au Prytanée, mes professeurs parlaient d’esprit critique. Cela me rappelle que de Gaulle parle de culture générale…

En cette année très importante politiquement, nous allons avoir à trouver des « gate keeper » sur bien des sujet pour effectuer nos choix. Il n’y a pas eu de véritable décorticom, mais des pistes de réflexions. Vous pouvez constater que j’ai moi aussi au moins un gate keeper, même s’il ne faut pas trop lui dire sinon ses chevilles vont enfler et ses bottes de cavalier vont exploser!

Mais quoiqu’il en soit: « Bonne rentrée! »

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