La soufffrance au travail: j’ai pensé aux communicants

La semaine dernière j’ai pensé aux communicants de France et de Navarre, et d’ailleurs aussi, parce que je n’oublie pas quelques copains occupés loin de l’Europe.

Oui, j’ai pensé à vous, chers amis, en assistant à une conférence interview de Dominique Huez, médecin du travail à la centrale nucléaire de Chinon pour quelques jours encore, puisqu’il part à la retraite.

« Dans la vie, j’ai trop travaillé! » Belle introduction n’est-ce pas?

Mais ce n’est pas pour cela que j’ai pensé à vous. Il est bien connu que nous les communicants ne travaillons que par le Champagne et les petit-fours… et parfois les jolies pépé. Il n’y a que çà  dans la comm! ;-((( C’est connu.

Non, j’ai pensé à vous parce que Dominique Huez a parlé de « mots qui empêchent de penser » tellement ils sont chargés, surchargés de sens, et a souligné combien maladroitement les communicants pouvaient ajouter à la souffrance au travail surtout lorsqu’un suicide ou une tentative de suicide s’était produit. En effet, après la survenue du drame, il est normal que le communicant essaye de défendre son entreprise, son employeur. Mais le premier réflexe est peut-être de refuser d’accepter que l’acte commis soit lié à l’environnement de travail. La tentation est alors d’être très catégorique dans les affirmations: « Nous n’y sommes pour rien! ». Cela peut générer une incompréhension et de nouvelles souffrances au moins dans l’entourage de la ou des personnes qui sont passées à l’acte. La deuxième tentation de protection passe par la divulgation d’informations liées à la santé des personnes. Pas très déontologique quand on y réfléchit.

Je pense qu’il faut creuser chacun de son côté et collectivement cet aspect de la communication de crise. Ce n’est pas parce que l’organisation au sein de laquelle  on évolue ou pour laquelle on travaille, que l’on doit augmenter les souffrances de ceux qui sont dans la peine. Comme d’habitude je n’ai pas de solution toute faite. Mais il faut y réfléchir et s’y préparer.

Bon! J’ai pensé à vous. Ce n’est pas forcément gai, mais je crois que c’est important. Alors parlons-en un peu. Mais attention, n’y travaillez pas trop! Juste ce qu’il faut.

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2 réponses à “La soufffrance au travail: j’ai pensé aux communicants

  1. Cher Jean-Luc, certes, certes. Mais le temps de l’émotion et du drame est court pour les organisations qui doivent continuer à vivre. Ce n’est pas cynique (si en fait) mais l’observation des crises internes ou sociales, des risques et des conséquences psychosociales apporte la démonstration que le drame personnel s’efface derrière l’organisation. Il faut lire l’étude « quel travail voulons-nous ? » (éditions les Arènes) pour mesurer la distorsion. La seule solution pour moi et de replacer l’homme au centre de l’entreprise. C’est pas gagné. la mission continue…

    • 100% d’accord avec toi Georges. L’homme au centre du travail, au centre de l’entreprise. Mais ce n’est pas parce que les organisations doivent continuer à vivre qu’il faut amplifier le mal ou la douleur. Donc si le communicant pense aussi à cet aspect de la vie de l’entreprise il l’aidera peut-être à poursuivre. Que le communicant chargé d’amoindrir les difficultés ne les amplifie pas autrement.
      Merci pour la suggestion de lecture. Il faut déjà que je fasse un CR d’un bouquin qui parle de train sur la ligne Lyon Nantes…

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