Schoendoerffer Pierre romancier reporter cinéaste… et Djack

Hier sous le choc, j’essayais d’imaginer comment  pourrait un jour commencer un article sur Pierre Schoendoerffer dans un dictionnaire renouvelé du cinéma ou du journalisme, ou du roman français. Oui, il pourrait apparaître aisément dans ces trois dictionnaires lui qui pourtant avouait en 2004 à Jean-Dominique Merchet qu’il avait des difficultés avec l’orthographe. Cet article fera certainement référence au livre de Bénédicte Chéron qui vient de paraître. Il parlera peut-être de l’aventurier, du soldat de l’image, de l’Oscar pour « La Section Anderson ». Parlera-t-il réellement de l’homme?

Il y a un an, alors qu’il recevait Inflexions, (lien vers l’interview publié sur le site d’EGEA avec l’autorisation de Inflexions) sa timidité ressortait parfois. Sa simplicité, la profondeur de sa réflexion encore plus. Et pourtant…

Lorsqu’il assistait aux réunions du Prix Littéraire de l’armée de Terre, il arrivait toujours un peu nerveux. Il prenait la parole et s’excusait un peu de la prendre. Et pourtant… Même s’il avait l’habitude de fréquenter les grands de ce monde, il ne lui était pas naturel de parler d’égal à égal avec des généraux d’armée, des hommes politiques. Il se détendait au fur et à mesure que la séance avançait.

A l’automne 2003, Pierre Schoendoerffer recevait des mains du général chef d’État-major de l’armée de Terre, dans les salons du gouverneur militaire de Paris, le prix littéraire de l’armée de Terre Erwan Bergot pour son roman « L’Aile du papillon ».

Djack, le caporal-chef Djack,Djack  le photographe, était de service ce soir-là. Il portait sa tenue de sortie et ses galons arboraient l’ancre des Troupes de Marine. La soirée s’est passée. Discours, ronds de jambes nécessaires, toasts, applaudissements. Pierre Schoendoerffer avait repéré Djack. Tout le monde s’éclipse, mais reste Djack qui veut faire un beau portrait de son lointain prédécesseur. « Vous croyez que je pourrais lui demander un autographe? » s’était-il enquis auprès de son colonel. Il a fait son portrait.  Rapidement, il avait tout préparé de peur de ne pas être à la hauteur. Pendant la prise de vue, Pierre Schoendoerffer était ailleurs. Il s’est laissé faire, a souri, a regardé l’appareil, la façon de faire et puis libéré par Djack, il lui a dit en lui agrippant l’épaule:  » Moi aussi j’ai porté l’ancre de Marine, moi aussi j’ai été caporal-chef! ». Après un léger moment de réflexion, intense, il lui a dédicacé le roman primé. Il étaient là, tous les deux penchés sur la table du salon Louis XV, l’un calligraphiant, l’autre regardant alternativement sans y croire par-dessus l’épaule et ceux qui étaient autour. Djack le photographe était un petit garçon ému, perdu. Pierre Schoendoerffer aussi. Aurait-il pu tout donner de son expérience, d’un geste, un seul, à Djack qu’il l’aurait fait. Peu de mots. Une intensité de regard complice, un regard bleu, d’un bleu de ciel de montagne du côté des Glières, à moins que ce ne soit celui de la mer en Bretagne. Bleu clair, franc, loyal. Une accolade pour essayer d’effacer le trouble. Un grand éclat de rire.Voilà « Schoen »!

Au fait, Djack le photographe, quand est-ce qu’on part ensemble sur les traces de « Schoen »?

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