Vouer Renault aux gémonies pour manque d’humanité ou le comble de la recherche de l’excellence

Quel méchant Renault! Renault dans la pseudo affaire d’espionnage qui a conduit à licencier trois ingénieurs expérimentés, a été jusqu’à envisager leur suicide. La preuve? Des communiqués prêts à diffusion ont été divulgués.

Renault est-il si mauvais que cela? D’un point de vue communication, il est toujours avantageux de pouvoir réagir vite, donc de préparer le travail en envisageant toutes les hypothèses.  Comme de plus, Renault est un univers d’ingénieurs où chacun est habitué à pousser les raisonnements, en fonction de « process » bien établis, le plus loin possible pour arriver aux limites, il n’est pas anormal que l’on ait pu envisager le suicide de l’un des cadres renvoyés. N’oublions pas que Renault avait connu peu de temps auparavant une série de drames de ce type sur les lieux de travail. Dans l’analyse du travail souterrain trop méconnu des communicants, cette préparation est donc à la fois logique et même plutôt une bonne chose.

Cependant, entre envisager, se préparer à l’acte désespéré d’un ancien collaborateur et l’écrire noir sur blanc, même sans mentionner le nom, il y a une frontière imperceptible qui fait passer de l’action prévoyance légitime à celle d’attitude froide et inhumaine. « Si vous avez envisagé le suicide d’un de vos anciens employés, pourquoi n’avez vous pas été retenu dans votre action de licenciement? » Nous sommes en fait entré dans la non assistance à personne en danger.

L’acte technique de préparation était peut-être légitime, mais sa seule réalisation amplifie l’image d’une entreprise déshumanisée. La logique intellectuelle devient un outil au profit d’un monstre froid.

Les communicants de Renault ont voulu bien faire en anticipant un problème réel, ils ont amplifié l’image caricaturale de leur entreprise. L’intention était presque louable, la réalisation trop logique, trop scientifique, est une catastrophe pour la perception de l’entreprise et de ses dirigeants.

En communication, méfions-nous des règles préétablies et parfois, c’est un comble, du travail préalable trop bien fait qui peut engoncer les organisations et empêcher leur adaptation.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s