Archives de Catégorie: cohérence continuité

Juifs de France ou Français juifs?

En cette période de commémoration de la première série d’attentats sur le sol français en 2015, les discours fleurissent pour fédérer la communauté nationale.

On revient sur le concept de Nation, l’idée de République et celle de diversité qui fournit enrichissement culturel et intellectuel et par conséquent bonheur individuel et collectif.

Mais aussitôt, on parle de communauté musulmane ou de communauté juive. En suivant la logique d’un tel discours la France est donc l’agrégat de communautés, lesquelles peuvent donc avoir des intérêts contradictoires, donc que l’on peut, à l’extrême, considérer légitime dans un affrontement d’abord verbal… puis physique.

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11 janvier 2015 Paris Place de la République. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

Pour moi, de façon claire, dans la logique républicaine française de l’État et de la Nation, il ne peut y avoir que des Français. Parce que chacun possède une origine géographique, culturelle, une histoire personnelle, il est possible d’adjoindre au mot « Français » , un qualificatif. Mon ami Haïm Korsia est un Français juif, je suis un Français catholique. Nous sommes l’un et l’autre fermement attachés au fait d’être Français.

Je trouve donc particulièrement irresponsables les homme politiques  qui parlent de communautés, et parmi eux Manuel Valls, notre Premier ministre, qui se contredisent en permanence en mélangeant les notions et ce quelles qu’en soient les raisons.

Messieurs et mesdames les politiques, réfléchissez avant de parler. Cela crédibilisera votre discours et peut-être vos actions.

J’aime beaucoup Jérôme Cahuzac et sa scupidité

Je suis sûr que vous ne me croyez pas!

Et pourtant, j’apprécie beaucoup ce monsieur qui représente bien le concept de scupidité inventé par un de mes camarades (cf post plus haut). En plus de la cupidité et presque de la stupidité s’ajoute le goût du pouvoir et de la représentation.

Je ne veux pas hurler avec les loups ni surtout frapper un homme à terre.

Mais je vous dis que j’apprécie beaucoup les erreurs et le fautes commises par cet homme. Elles permettent de rappeler ce qu’exigeait certains révolutionnaires: les élites doivent être intègres si ce n’est pures. Quand on a des responsabilités on doit agir publiquement en cohérence avec sa vie quotidienne. Quand on communique, on ne ment pas.

Cahusac

Cohérence, mensonge, fraude, tout cela est présent dans cette affaire. Pourquoi? Parce que les partis chargés de sélectionner les élites politiques n’ont pas fait leur travail. Je pense réellement que c’est le leur, et pas celle du gouvernement. Ont-ils les moyens de vérifier les dires de leurs membres? Peut-être pas, auquel cas peut-être peuvent-ils demander l’aide de l’État. La difficulté est de savoir dans quelles limites. Mais ce sont bien les partis qui doivent présélectionner les candidats. J’aimerais qu’il y ait un cursus honorum à la romaine pour les élus et qu’ils ne puissent exercer leur mandat trop longtemps pour éviter les baronnies, pour faciliter l’implication d’un plus grand nombre dans la vie démocratique qui apparaît aujourd’hui quelque peu confisquée.

Moi j’aime bien cette affaire. Et je pense que le président de la République aussi… Vous ne me croyez pas? Peut-être va-t-il pouvoir ainsi provoquer un salutaire débat sur le statut des élus, sur le cumul des mandats? Il n’est pas normal que les élus soient dans leur grande majorité issus de la fonction publique sans connexion réelle avec le monde économique. Il faut crédibiliser nos élus pour éviter les dérives démagogiques.

Maintenant, j’espère qu’on ne poussera pas à bout cet homme qui pourrait être à la retraite.

Moi j’aime bien l’affaire Cahusac. J’en espère beaucoup!

Cahuzac-à l'AN

L’Ecrit et la force/ cohérence et concentration

Le Figaro Littéraire de Montéty, j’avoue… j’aime bien.

Bon d’accord, je le lis toujours avec une semaine de retard.

La semaine dernière, il était question du dernier livre-entretiens   » La Guerre dans les yeux » de Patrick Forestier et Pierre Schoendoerffer lequel Montéty et moi avons fréquenté au jury du prix littéraire de l’armée de Terre-Erwan Bergot. Retrouver le « Vieux Crabe joyeux »! Ça incite a feuilleter. Évidemment.

La Guerre dans les yeux
Et puis au-dessus du papier d’Adrien Jaulmes, dans la rubrique grisée « La Bonne Idée » on apprend que cinquante librairies de Paris s’unissent pour offrir leurs livres sur internet avec le conseil des professionnels et la géolocalisation des ouvrages pour pouvoir aller les voir les toucher les acheter et les dévorer. Ils créent  « Paris librairies » une plate-forme qui assure la cohérence de leur action sans nuire aux identités individuelles.

Logo de Paris Librairie
Il ne faut pas confondre coordination et unicité, cohérence et concentration. Tiens çà me rappelle une discussion entendue hier soir dans une assemblée générale…

Vive les libraires, passeurs de mots, d’idées et de pensée.

Reflexions en passant

Cette semaine j’ai bien aime les post de Jean-Do Merchet et celui de Michel Goya(blog la voie de l’épée). Les medias qui savent tout et jugent tout sont tellement pris dans le tourbillon de l’urgence de l’immédiateté qu’ils oublient de prendre du recul. La guerre et le feu tuent. On sait quand commence une guerre, on ne sait pas quand elle se finit. La guerre c’est la rencontre de deux volontés. Il faut au moins savoir ça quand on est secrétaire de rédaction et éditorialiste. Ne pas le savoir c’est se mettre a la merci de la propagande.
Une interrogation sur un autre sujet: une association de bénévoles (bien sur) sur laquelle ne pèse aucune menace vitale cherche a crediliser son discours et s’adjoint les services d’un conseiller. D’un autre cote une PME sur laquelle pèse une menace vitale diffère une intervention. On marche sur la tête.

Confiance, crediblite, dignite, humilite

Il est toujours facile de critiquer ceux qui en situation difficile ont fait des choix. Il est toujours facile de taper ceux qui ont un genou a terre.

Alors essayons de transcrire .

Aujourd’hui, j’ai assisté pour la première fois a un procès en Assises. Le plus difficile était qu’un camarade se trouvait a la barre comme accusé pour son rôle dans l’affaire Mahe, ce brigand ivoirien étouffé avec un sac en plastique dans un blinde français.

Insigne Licorne

Au-delà de l’objet de sa comparution, Eric a, avant de répondre a la premiere question du Président, déclaré a peu près textuellement:  » Je n’ai pas toujours fait preuve de dignité dans cette affaire, notamment au début […] En trois jours, avec l’enquête de commandement, l’instruction et la suspension de mon commandement, j’ai vu s’effondrer ma carrière d’officier. L’homme était père de famille […] J’ai eu peur pour cette autre partie de ma vie. Oui, j’ai eu peur de partir en prison. Aujourd’hui, devant mes subordonnés, je veux affirmer que l’homme et l’officier ne font de nouveau plus qu’un. J’assume les ordres que j’ai donnés, j’assume le fait que j’ai donné un ordre illégal, je reconnais et j’assume d’avoir été lâche en n’ayant pas su traduire l’ordre du général Poncet, de n’avoir pas su le traduire en ordre clair. […]  »

Eric a repris confiance. Pour donner confiance, il s’engage et humblement reconnaît ses faiblesses. Espérons pour lui que cela contribuera a donner de la crédibilité aux yeux des jurés. En tout cas, on ne peut pas lui nier ni sa dignité, ni sa combativité.

Une fois ces bases stables reconquises, le voilà prêt a partir a la bataille, car c’est bien un tournant dans la bataille juridique qui s’est déroulé aujourd’hui 29 novembre en fin d’après-midi au Palais de Justice de Paris.

La cohérence, la confiance, l’humilité ne sont pas des postures en communication: ce sont des objectifs, ce sont des obligations. La dignité vient s’ajouter a la confiance pour donner de la crédibilité au discours. Reste à confirmer pendant le procès: continuité.

Le procès se terminera le 7 décembre. La prochaine grande étape sera mardi avec le témoignage de l’ancien numéro 2 de la force Licorne et peut-être de l’ancien ministre de la Defense. Ceux qui s’intéressent a l’armée française aux hommes qui servent en son sein, ceux qui s’intéressent a la Justice ne pourront être insensibles au verdict.

Insigne Licorne

La crise à l’UMP: quels conseils donneriez-vous?

Je n’ai pas l’habitude de parler politique.

Mais avouez que d’un strict point de vue technique, le déchirement des postulants à la direction de l’UMP est très intéressante.

La crise est une crise de confiance dans l’appareil du parti. C’est un déchirement d’hommes qui n’arrivent plus ou ne peuvent plus tempérer leurs partisans, lesquels s’épanchent dans les médias au moment où il faudrait un peu de retenue pour ménager l’avenir.

Y avait-il des signes annonciateurs de la crise? A posteriori, c’est facile de le dire. Je n’avais pas aimé l’ambiance du débat télévisé totalement électrique. Mais je crois qu’il n’y avait surtout pas de chef reconnu au parti depuis la défaite de Nicolas Sarkozy. Ce dernier n’avait pas préparé sa suite, ou bien avait cru pouvoir revenir facilement en ne laissant pas de dauphin clairement désigné.

Bref, la déchirure survient, d’autant plus violente qu’elle arrive après une défaite que les intéressés n’arrivent pas à reconnaître. Trauma sur trauma.

D’aucuns peuvent s’en féliciter, sauf que cette équipe venait de diriger le pays et qu’elle commençait à préparer 2017.

Alors quel peut être le conseil avisé d’un communicant dans de telles circonstances? J’aurais tendance à faire table rase et reprise en main des prises de position individuelles. Et pourtant je suis plutôt favorable à la subsidiarité. Mais tout cela est facile à dire. Si vous avez des propositions, non pas pour sauver l’UMP, ce n’est pas mon propos, mais pour agir dans une telle configuration, je vous écoute, je vous lis avec plaisir.

Twists et tweet

Amusants les psychodrames tweetés de la semaine. On croit rester dans la sphère privée et voilà nos propos sur la place publique. A moins que..

Attachant la volonté de l’armée de Terre de créer un Prix Pierre-Schoendoerffer pour récompenser une production audiovisuelle. On peut cependant se poser la question si un tel prix doit rester au seul niveau de l’armée de Terre. Ne devrait-il pas être du niveau ministériel? Les marins ne sont -ils pas concernés par le « crabe tambour »? Au-delà de l’interrogation, il est bon, à mon sens de poursuivre l’œuvre de témoignage et de fidélité de cet homme. Vive la mémoire! Vive la reconnaissance!

Et puis en relisant mes carnets du mois, je m’aperçois aussi que j’ai oublié de parler du séminaire communication au profit des officiers stagiaires de l’École de Guerre qui s’est déroulé en mai en collaboration avec Pierre Servent. Quelques réflexions ont été données en conclusion :

– le schéma émission réception est intéressant, mais trop simple. Il y a toujours des interférences. En communication, en stratégie de communication, ce sont ces interférences qu’il convient d’anticiper.

– la communication d’une institution nécessite de la cohérence, mais cette cohérence ne peut pas gommer les différences sous peine de perdre une certaine forme de crédibilité, de donner dans le style langue de bois.

– la communication c’est un paradoxe entre la construction longue et patiente d’un discours et d’une image  (continuité des efforts et de la stratégie suivie) et les obligations de l’instantanéité, qui dégagé de l’idée de continuité peut ruiner des années de travail.

– communiquer pour qui et pour quoi faire? Avec quels outils et quels porte-parole?

En relisant cela, en le reliant à mon dernier post et au premier paragraphe de celui-ci, je souris. Communiquer sans connaître l’environnement dans lequel on évolue relève franchement de l’équilibrisme. Ils n’ont pas été brillants les grands stratèges d’agence de l’Elysée et de Brienne la semaine dernière! Je persiste. S’il l’avaient été, Jean Guisnel et JDo Merchet n’auraient peut-être pas commis quelques approximations, ainsi que l’a fait remarquer le camarade François Chauvancy le 10 juin dernier.

La belle cérémonie et les paroles fortes du président devant les cercueils gommeront-elles les premières maladresses? Il semblerait que l’hôtel de Brienne soit conscient du problème… La période est à l’observation et non plus à la confiance. La communication, ce ne sont pas des petites phrases lâchées au hasard ou non, ce n’est pas la petite politique des bons mots et des slogans. La communication c’est un outil de management, c’est une obligation d’écoute et de modestie. Dur d’apprendre l’humilité quand on arrive au pouvoir ou dans les cercles du pouvoir.