Archives de Catégorie: Lecture et partage

Les mots toujours les mots

Une citation qui m’a plu trouvée dans « L’Art militaire de Napoléon » de Jacques Garnier, récemment paru chez Perrin

« A la guerre, il faut d’abord bien établir la langue pour s’entendre, car c’est faute de cela qu’on prend une chose pour une autre ».

L'Art militaire de Napoléon

Revenir sur la communication en travaillant sur les « artistes de l’extrême »

C’est du défaut de compréhension de ce qui est dit que découlent les erreurs dans l’action. Il faut donc revenir au principe de base de la communication: émettre un message, ce n’est pas se contenter de le concevoir et de l’émettre, c’est aussi s’assurer qu’il a été bien compris, quitte à le reformuler.

Au moment de l’action guerrière, il n’est plus temps d’établir le code. Cela demande donc de l’anticipation et de la réflexion. L’absence de communication peut donc tuer concrètement et aussi efficacement qu’une balle.

C’est pour cela que l’armée de Terre française a rédigé un document de référence qui facilité à la fois la conception et l’exécution des ordres et que l’OTAN a fait de même avec des « standards » ou « standard agreements » (STANAG).

L’Ecrit et la force/ cohérence et concentration

Le Figaro Littéraire de Montéty, j’avoue… j’aime bien.

Bon d’accord, je le lis toujours avec une semaine de retard.

La semaine dernière, il était question du dernier livre-entretiens   » La Guerre dans les yeux » de Patrick Forestier et Pierre Schoendoerffer lequel Montéty et moi avons fréquenté au jury du prix littéraire de l’armée de Terre-Erwan Bergot. Retrouver le « Vieux Crabe joyeux »! Ça incite a feuilleter. Évidemment.

La Guerre dans les yeux
Et puis au-dessus du papier d’Adrien Jaulmes, dans la rubrique grisée « La Bonne Idée » on apprend que cinquante librairies de Paris s’unissent pour offrir leurs livres sur internet avec le conseil des professionnels et la géolocalisation des ouvrages pour pouvoir aller les voir les toucher les acheter et les dévorer. Ils créent  « Paris librairies » une plate-forme qui assure la cohérence de leur action sans nuire aux identités individuelles.

Logo de Paris Librairie
Il ne faut pas confondre coordination et unicité, cohérence et concentration. Tiens çà me rappelle une discussion entendue hier soir dans une assemblée générale…

Vive les libraires, passeurs de mots, d’idées et de pensée.

Findus, Spanghero et tous les autres: Scupidité!

Scupidité!

Quel drôle de nom! Pourquoi pas… libellule ou papillon?

Scupidité un beau néologisme pour souligner le cycle infernal dans lequel une partie de notre société est enfermée: mélange de cupidité et de stupidité « la scupidité qualifie les comportements humains irrationnels, égoïstes exclusivement guidés par l’appât du gain  et  le profit immédiat ».

« Scupidité », est un roman écrit par Fancelo Mornein, un copain qui dénonce la recherche de profit rapide dans les télécoms.

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Scupidité c’est aussi ce qui me vient à l’esprit en écoutant les uns et les autres commenter l’actualité alimentaire de la semaine. Nous pourrions nous aussi parler de ce scandale et mettre en exergue les erreurs de communication dans la crise. Facile de taper sur les gens à terre et de se faire valoir. Plus difficile d’aller au devant des gens que l’on pressent en difficulté et qui ne le voient pas, ou ne veulent pas le voir. La pédagogie est nécessaire mais… Mais cela n’empêche pas non plus de travailler sur le sujet et les mécanismes de cette crise. Vous vouliez peut-être que je vous donne mes impressions? Je réponds… : scupidité.

Scupidité: dans cette affaire on redécouvre les conséquences de ce que dénoncent certains petit producteurs agricoles: pression excessive sur les fournisseurs pour garantir les marges de profit importantes et rapides. On est tellement pressé de faire de l’argent qu’on oublie, on feint (?) de ne pas contrôler. On se voile pudiquement la face et on pousse pratiquement à la fraude.

Scupidité: voilà un beau mot pour prendre du recul, pour aborder une anti-thèse, une idée que m’a soumise un client, il y a quelques temps : « je suis responsable de mes fournisseurs, je dois plus penser à mes fournisseurs qu’à mes clients. Le jour où par une pression excessive sur mes fournisseurs, je les ai éliminés, je ne suis plus rien. Je dois prendre peut-être plus soin de mes fournisseurs que de mes clients. Ils me nourrissent, ils me donnent des idées. » Le client roi, détruit le client.

Nous sommes, me direz vous loin du sujet principal de ce blog. Peut-être pas autant qu’on le croit. La scupidité ambiante ne génère-t-elle pas la perception diffuse que l’on ne peut avoir confiance en rien. Perception: nous sommes dans la com.

Alors en comparaison des questionnements du début de la semaine, que je formulais à haute voix en compagnie d’étudiants en licence, la renonciation du Pape semble servir de contrepoint à cette folie scupide. Un nouveau pape est appelé à régner. Quel drôle de nom…

Scupidité: Merci Fancelo pour ce beau mot qui fait réfléchir.

Flaysakier: l’actualité comico-sérieuse, ou l’art de suivre l’actualité sérieusement en s’amusant

j.daniel Flaysakier

J’avoue: j’adore.

Pas seulement son « nœud pap » qu’il réussit à glisser sous sa barbe, mais la verve aussi.

Je ne suis pas toujours d’accord avec Jean-Daniel Flaysakier, mais j’adore sa tournure d’esprit.

Il ressemble au médecin de mon enfance qui ne s’en laissait pas compter, qui posait des questions, expliquait ses conclusions après une auscultation complète,  une écoute de qualité, sans se laisser prendre par les apparences du mal ou du discours de son patient: le savoir, l’esprit  critique, le partage et l’humour.

Un petit exemple avec six tweets autour de ce qui fait l’actualité, voire l’emballement du week-end alors qu’il n’y a pas mort d’homme, a priori -mais je me trompe peut-être- une simple fraude. L’emballement du cheval of corse

Les tweets que vous pourrez lire en dessous en illustration montrent bien à la fois le souci d’informer et celui de décrisper. Informer en donnant du plaisir, en étant très précis. Ses analyses critiques des annonces récentes sur la dangerosité des boissons light en sont un indice.

Message avec les tweets 1 et 2: pas d’inquiétude, le cheval se mange.

tweet 4 petit coup de griffe en passant, çà ne fait pas de mal

tweet 5: une belle information: en fait incidemment on apprend que la traçabilité sanitaire ne garantit pas la qualité et ne prévient pas contre la tromperie. Bravo Findus pour l’effort fourni. Carrefour et Picard qui viennent de retirer leur lasagnes ne font pas le même effort?

et en final un beau détournement de proverbe, habituel chez Flaysakier.

Je trouve cela plus attrayant que la sinistrose du 20h sur France 2. Çà c’est de l’accroche! On peut être sérieux en s’amusant et s’amuser en étant sérieux.

Du grand art: j’adore

Un médecin journaliste, c’est aussi précieux qu’un médecin écrivain satirique. En Touraine, nous avons de la chance nous avons Rabelais et Flaysakier.

1 j.daniel Flaysakier@jdflaysakier  Findus: consommateurs rassurez-vous il y a zéro risque. Pour éliminer la viande de cheval il suffit d’aller à la selle.

2 j.daniel Flaysakier@jdflaysakier  Idée. Repas : des lasagnes Findus et une salade avec un crottin chaud

3 j.daniel Flaysakier@jdflaysakier  Le titre auquel vous échapperez peut-être: Des éperons et une cravache retrouvés dans un plat de moussaka

4 j.daniel Flaysakier@jdflaysakier Retombées imprévues de l’affaire de la viande de cheval : Benoit Hamon passe à la télé

5 j.daniel Flaysakier@jdflaysakier Findus est une des rares sociétés à ajouter des tests ADN aux tests bactériologiques usuels. La fraude a été découverte ainsi

6 j.daniel Flaysakier@jdflaysakier Proverbe roumain : qui vend du cheval vend du bœuf

« Courage! » le n°22 de la revue Inflexions est arrivé, avec un bel interview de Anne Nivat

Le temps passe et j’allais oublier de parler d’un travail réalisé au profit d’Inflexions. Vous savez cette revue originale qui traite de sciences humaines autour de la chose militaire mais qui essaye de ne pas regarder seulement le nombril des militaires.

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Mon camarade Olivier Kempf en a déjà fait la promotion sur son blog EGEA à l’occasion d’un café vespéral « La Chouette! » animé par Rémi Porte. (cf mon annonce du mois dernier)

Mais moi je n’avais pas dit grand chose sur son contenu, et pourtant, en le relisant, quelle richesse -une fois de plus 😉 -. Outre les analyses philosophiques toujours lumineuses de Monique Castillo, vous y trouverez les réflexions de militaires qui pensent que le courage appelle forcément à la modestie, de médecins et même une discussion assez polémique entre deux auteurs à propos du courage des parents à accueillir ou non des enfants handicapés. Vous ne manquerez pas non plus l’hommage que j’ai eu le « plaisir »,- je ne sais pas si le terme est juste- disons l’honneur,  de rédiger à l’occasion de la mort de Pierre Schoendoerffer.

Mais plus que tout, je vous convie à lire l’interview d’Anne Nivat qui sert d’accroche au numéro. Il n’était pas prévu de l’utiliser ainsi, mais ce que dit cette journaliste de l’extraordinaire est très fort, non pas parce qu’elle philosophe, non pas parce qu’elle témoigne, mais plutôt parce qu’elle se livre et nous montre de façon pratique ce que peut être le courage renouvelé de témoigner malgré les difficultés, la peur. En la rencontrant, j’ai vécu, re-vécu aussi des émotions fortes. J’ai pensé à un de mes camarades qui a aujourd’hui des responsabilités au Mali, j’ai pensé à mes anciens subordonnés.

Cotard-Nivat édité 2

Elle prépare actuellement un documentaire sur l’Irak qui devrait être diffusé au printemps sur France 3. S’il possède la force de cet interview… Ouaouh! Çà réveille!

Alors suivez l’injonction d’Anne Nivat, avec la revue Inflexions: »Réveillez-vous! »

En tout cas: « Merci Anne! »

Anne Nivat

Pour information le prochain numéro, en juin, portera sur le retour à la vie normale après des expériences difficiles: « En revenir… » Là encore tout un programme.

Chouette courage

Le prochain numéro de la revue « Inflexions civils et militaires: pouvoir dire » , émanent de l’armée de terre, paraîtra très prochainement. Son titre: « Courage! »

Au moment où nos forces armées sont engagées sur un nouveau théâtre, parler de courage est intéressant.

Après avoir suggéré un numéro sur ce thème, rédigé avec Madame Monique Castillo, philosophe spécialiste de Kant et des cafés philos, membre comme moi du Comité de rédaction de la revue, j’en ai rédigé l’édito. J’y explique aussi comment sont élaborés les numéros et comment publier dans cette revue atypique.

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Demain soir, Rémi Porte, animateur du blog Guerres et conflits, qui l’annonce ici, en partenariat avec la revue Inflexions, a choisi le thème du courage pour la soirée du café historique.  Rendez-vous au café le Concorde ( en haut du bd Saint Germain, métro Assemblée nationale à Paris) de 19h00 à 21h00. J’interviendrai avec mon compère Olivier Kempf, auteur d’un article du numéro sur le courage et la stratégie , et animateur de l’excellent blog EGEA, accompagné de Nicolas Mingasson, photographe dont je ferai la connaissance.

Je parlerai peut-être (même certainement) d’Anne Nivat, grand reporter et de Pierre Schoendoerffer tous les deux présents dans ce numéro au titre du courage mais aussi du souvenir.

Aller venez! Courage!

In cauda venenum. En parler… ou pas

Parfois le clavier vous démange.

Parfois, vous avez envie de crier. Et puis: « à quoi bon! »

Je voulais vous parler du livre écrit par Hervé Ghesquière qui accuse pour se défausser. S’il avait voulu souligner que le travail des soldats français n’était pas aussi bon qu’ils le déclaraient, il suffisait de montrer les convois et d’écouter les consignes pour emprunter un  itinéraire pourtant majeur pour la coalition. In cauda venenum disaient les Romains. Non cela ne suffisait pas. Et voilà!

Alors en parler… Surtout pas!

Ouf! çà soulage… un peu, un tout petit peu!