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Pourquoi être Charlie?

Le Club de la presse Val de Loire a été sollicité par la rédaction de l’hebdomadaire gratuit tourangeau  TMV pour que les membres de cette association rédigent un papier sur les événements de la semaine.

Voici mon texte:

« c’est peu dire que j’appréciais fort peu Charlie Hebdo. Je les trouvais un peu vulgaires.
Je pouvais rire de quelques crobards de Cabu dans le Canard. Mais pas toujours, voire pas souvent. Lui et ses confrères ont trop méchamment caricaturé l’uniforme que j’ai porté pendant 28 ans. Ils étaient à l’opposé de ce que je pensais en général… peut-être plus dans la forme que dans le fond en fait.
J’ai vu, en Europe ou en Afrique, dans les yeux d’hommes et de femmes, la peur, la haine et j’ai senti l’odeur et le frisson de la mort.
Je n’en veux ni en France ni en Europe, ni ailleurs.
Personne n’a le droit de se faire justicier.
Ceux avec lesquels je n’étais pas d’accord, par leur mort, deviennent un symbole. J’adhère au symbole.Crayon Charlie 40761c7e-8b08-425f-817c-c5167cd9e5db-large
Alors, aujourd’hui, moi aussi je suis Charlie, moi aussi je brandis mon crayon pour écrire, pour défendre la liberté qui existe dans mon cher pays, moi aussi je suis Charlie et je dresse mon crayon contre l’obscurantisme, moi aussi je suis Charlie et je souligne l’importance du rire de la dérision, moi aussi je suis Charlie et je tends mon crayon pour que mes enfants, mes futurs petits-enfants, soient heureux et ne vivent pas dans l’angoisse de l’autre.
Pas d’accord avec Charlie, mais derrière Charlie.
Derrière? Non! Je suis Charlie! Et armé de mon crayon, je ne plierai pas la nuque. J’éclaterai de rire devant celui qui m’opposera sa kalachnikov. Mon rire lui éclatera au visage avant que sa balle ne m’atteigne. Je serai plus fort que lui, parce que je suis libre.
Vive la vie, vive le joie, vive mon beau pays.
Je suis, nous sommes Charlie. »

Ça fait peu pompeux. Mais il en faut en ces circonstances parce que la pompe oblige à une certaine prise de recul. Il ne faudrait que ces salopards gagnent quand même. J’aurais l’air malin le jour où une fois de plus une kalach appuiera sur mon ventre. J’espère alors, en me liquéfiant dans mon pantalon me souvenir de ce que j’ai écrit pour rester moi-même, un peu inconscient, un peu bravache, français quoi.

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