Archives de Tag: Afghanistan; coup médiatique; effet

Twists et tweet

Amusants les psychodrames tweetés de la semaine. On croit rester dans la sphère privée et voilà nos propos sur la place publique. A moins que..

Attachant la volonté de l’armée de Terre de créer un Prix Pierre-Schoendoerffer pour récompenser une production audiovisuelle. On peut cependant se poser la question si un tel prix doit rester au seul niveau de l’armée de Terre. Ne devrait-il pas être du niveau ministériel? Les marins ne sont -ils pas concernés par le « crabe tambour »? Au-delà de l’interrogation, il est bon, à mon sens de poursuivre l’œuvre de témoignage et de fidélité de cet homme. Vive la mémoire! Vive la reconnaissance!

Et puis en relisant mes carnets du mois, je m’aperçois aussi que j’ai oublié de parler du séminaire communication au profit des officiers stagiaires de l’École de Guerre qui s’est déroulé en mai en collaboration avec Pierre Servent. Quelques réflexions ont été données en conclusion :

– le schéma émission réception est intéressant, mais trop simple. Il y a toujours des interférences. En communication, en stratégie de communication, ce sont ces interférences qu’il convient d’anticiper.

– la communication d’une institution nécessite de la cohérence, mais cette cohérence ne peut pas gommer les différences sous peine de perdre une certaine forme de crédibilité, de donner dans le style langue de bois.

– la communication c’est un paradoxe entre la construction longue et patiente d’un discours et d’une image  (continuité des efforts et de la stratégie suivie) et les obligations de l’instantanéité, qui dégagé de l’idée de continuité peut ruiner des années de travail.

– communiquer pour qui et pour quoi faire? Avec quels outils et quels porte-parole?

En relisant cela, en le reliant à mon dernier post et au premier paragraphe de celui-ci, je souris. Communiquer sans connaître l’environnement dans lequel on évolue relève franchement de l’équilibrisme. Ils n’ont pas été brillants les grands stratèges d’agence de l’Elysée et de Brienne la semaine dernière! Je persiste. S’il l’avaient été, Jean Guisnel et JDo Merchet n’auraient peut-être pas commis quelques approximations, ainsi que l’a fait remarquer le camarade François Chauvancy le 10 juin dernier.

La belle cérémonie et les paroles fortes du président devant les cercueils gommeront-elles les premières maladresses? Il semblerait que l’hôtel de Brienne soit conscient du problème… La période est à l’observation et non plus à la confiance. La communication, ce ne sont pas des petites phrases lâchées au hasard ou non, ce n’est pas la petite politique des bons mots et des slogans. La communication c’est un outil de management, c’est une obligation d’écoute et de modestie. Dur d’apprendre l’humilité quand on arrive au pouvoir ou dans les cercles du pouvoir.

Publicités

Meurtre en Afghanistan, victoire médiatique?

Pour avoir un bon sujet de mémoire, il faut réagir me disait un professeur à la fac. Pour avoir un bon sujet de post…

Hier soir, j’ai réagi en entendant mon camarade Thierry Burkhart, porte-parole de l’état-major des armées, dire que les talibans avaient remporté une victoire en assassinant cinq militaires français à l’issue d’une choura.

Permettez-moi de ne pas être d’accord avec lui. Des assassins ont fait un coup médiatique, mais le problème est d’apprécier les conséquences de ce coup.

La veille de la venue du chef des armées sur le sol afghan, cela aurait été le cas. On assassine cinq soldats, et le lendemain, leur chef vient  annoncer la calendrier de retrait: défaite totale!

Le veille du 14 juillet, cet attentat me semble ne pas servir les intérêts de ceux qui l’ont commandité.

Ce jour là, les Français pensent aux militaires et les regardent défiler. En tuer la veille, c’est risquer de les sacraliser par une focalisation sur leur mission et leur sacrifice. Ce jour-là, le président de la République avait programmé d’aller visiter des blessés, d’en rencontrer d’autres sur la place de la Concorde. Derrière les discours politiques quelque peu convenus, le spectateur a d’ailleurs senti la véritable émotion de Nicolas Sarkozy lorsqu’il a évoqué le blessé qui lui avait parlé de sa famille. L’action lâche a donc permis d’accentuer la focale faîte sur le travail difficile des militaires en général, de la préparation physique illustrée par la présentation finale de la BSPP à la peur, la blessure et peut-être la mort. Grosso modo, « ils savent que ce n’est pas facile et pourtant ils y vont ». Le président l’a dit: « Ils ont donné un sens à leur vie » donc ils sont des exemples et certainement pas des victimes qu’il faut s’empresser de retirer en catastrophe d’Afghanistan.

L’attentat ne changera rien à la politique de la France. Il arrive trop tard.

L’attentat vient au contraire justifier l’action des militaires français. Une choura c’est , paraît-il parce que je ne suis jamais allé en Afghanistan, un moment sacré. C’est un moment de paix pour pouvoir parler. Ceux qui ont commis l’attentat montrent qu’ils ne partagent ni les valeurs ni la culture du pays. Ils s’exposent donc eux encore plus que les forces de la coalition au rejet de la population.

Une action à caractère médiatique n’a d’intérêt que par les effets qu’elle produit.

Alors victoire médiatique? Thierry, je n’en suis absolument pas convaincu.

Mais ce débat est peut-être vain. Pensons quand même à ces soldats, dont un de l’image, pensons à leur famille mais ne restons pas tétanisés: « je continuerai » comme le dit la devise du 6° génie!